08/11/2013

Va Va vierge pour la deuxième fois (Japon, 1969)



Tourné en quatre jours seulement sur le toit de l’immeuble abritant sa propre société de production et rythmé par une bande-son oscillant entre mélancolie et hallucination –du blues au free jazz, en passant par le rock psychédélique–, le film de Koji WAKAMATSU est un huis-clos en plein air à la poésie nihiliste aussi touchante que désespérante : usant des codes du cinéma pink sublimés par l’image de Hideo ITO, le cinéaste y dépeint un Japon à la dérive, en proie à la violence gratuite, et la désillusion d’une jeunesse en perdition. VA VA VIERGE POUR LA DEUXIEME FOIS est un film culte de la jeunesse japonaise des années 60.


Synopsis:
Une jeune fille est violée sur le toit d'un immeuble par une bande de voyous, sous les yeux d’un jeune homme resté à l’écart, qui semble impuissant… Le lendemain matin, elle se retrouve seule avec le jeune homme, resté à ses côtés, et découvre qu’il a lui aussi été victime de brimades. Tous deux se lient d’amitié et se rejoignent dans leur envie d’en finir avec une vie qui n’est que désespoir et humiliations…



Va Va vierge pour la deuxième fois / ゆけゆけ二度目の処女
Japon, 1969, 1h05
De : Kôji WAKAMATSU
Avec : Mimi KOZAKURA, Michio AKIYAMA

VOD : CANALPLAY

DVD :


VA VA VIERGE POUR LA DEUXIEME FOIS (YUKE YUKE NIDOME NO SHOJO)
Interdit aux moins de 16 ans
Année de production : 1969
Sortie salles France : 06/10/2009
Durée : 1h06mn
Noir et blanc & Couleur - Format image 2.35 - Ecran 16/9 compatible 4/3
Version originale en japonais en Mono - Sous-titres : français
Shop : Amazon - 14,50€


COFFRET KOJI WAKAMATSU VOL.1 (4 DVD) (KOJI WAKAMATSU BOXSET VOL.1 (4-DISC SET))
Contenu : LES SECRETS DERRIERE LE MUR (1965), QUAND L'EMBRYON PART BRACONNER (1966), LES ANGES VIOLES (1967), VA VA VIERGE POUR LA DEUXIEME FOIS (1969)
Interdit aux moins de 16 ans
Durée des films : 1H16/1H13/57min/1H06 - Total : 4h32mn
Shop : Amazon, Fnac,


Koji WAKAMATSU (1936-2012)
Un temps yakuza, Koji WAKAMATSU devient cinéaste après avoir purgé une peine de prison, en jurant de faire du cinéma une arme politique pour dénoncer les abus du pouvoir. En 1959, il entame ainsi une carrière à la télévision avant de réaliser quatre ans plus tard ses premiers films pour le cinéma. Il est alors libre de filmer ce que bon lui semble à condition d’y injecter un maximum de scènes de sexe et de violence. C’est donc par stratégie qu’il mène une carrière remarquée dans le cinéma pink, dans le but de réaliser les films auxquels il tient. Mais il s’aperçoit que l’érotisme est nécessaire au développement de son discours politique et que ce qui n’était au départ qu’une obligation est devenu une nécessité.

En 1965, il fonde sa propre maison de production, Wakamatsu Production, et réalise Les secrets derrière le mur qui provoque l’indignation quasi générale, et surtout un incident diplomatique entre le Japon et l’Allemagne, en étant sélectionné au Festival de Berlin cette année-là. Sa caméra devient une arme politique offensive dénonçant les travers d’un gouvernement hypocrite et il s’impose surtout en tant que porte-parole d’une jeunesse en proie à une forte crise identitaire, comme en témoigne Va va vierge pour la deuxième fois (1967) ou encore Sex Jack (1970). Ses films, le plus souvent co-écrits avec Masao ADACHI et tournés de manière frénétique (il en réalise une dizaine par an), d’apparence simpliste dans leur mise en scène dépouillée qui rappelle celle de Jean-Luc GODARD, mais dont les excès de sexe et de brutalité ramènent au cinéma d’exploitation, sont de virulents manifestes anarchistes qui font encore aujourd’hui grincer des dents les autorités nipponnes et qui lui valent d’être toujours interdit sur les sols américain, russe et chinois. En 1971, WAKAMATSU obtient la reconnaissance internationale à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, avec Les anges violés (1967) et Sex Jack, et ralentit en même temps son rythme de production.

Cinq ans plus tard, il rejoint Nagisa OSHIMA qui fait appel à lui pour L’Empire des sens, dont il assure la production exécutive. United Red Army, film coup de poing de 3h10 sur l’Armée Rouge Unifiée (pendant national de l’Armée Rouge Japonaise) sélectionné et récompensé au Festival de Berlin 2008, marque son retour sur la scène internationale, le film étant sorti en salles en France le 6 mai 2009 et en DVD le 17 novembre. Son film suivant, Le soldat dieu (Caterpillar) est sélectionné en compétition officielle au Festival de Berlin en 2010 et remporte l’Ours d’Argent de la Meilleure Actrice pour Shinobu TERAJIMA. Le film sort en salles au Japon le 15 août 2010 et en France le 1er décembre 2010.

Le 4 septembre 2012, il est invité au Festival international du cinéma de Venise où il déclare :« Maintenant je veux vraiment faire un film sur la Tokyo Electric Power Company (Tepco). Personne ne veut en faire un, alors je vais sérieusement me battre contre Tepco. »
Il meurt le 17 octobre 2012 après avoir été renversé le 12 octobre par un taxi dans le quartier de Shinjuku à Tôkyô, alors qu'il rentrait d'une réunion consacrée au budget de son prochain film sur le lobby nucléaire et Tepco.

© Wakamatsu Production

Balq Out

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